top of page
Rechercher

Précarité menstruelle en France : chiffres, réalités et solutions

  • 15 avr.
  • 5 min de lecture

Zoom sur la composition d'une culotte menstruelle

Un fléau silencieux qui touche des millions de femme


En France, la précarité menstruelle reste l'un des angles morts les plus criants des politiques de santé publique. Pourtant, les chiffres sont sans appel : 4 millions de femmes et personnes menstruées manquent de protections périodiques, soit 1 femme sur 3, avec une surreprésentation chez les jeunes.


Ce que l'on appelle "précarité menstruelle" désigne, selon le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), les difficultés de nombreuses femmes et filles à se payer des protections hygiéniques à cause de leurs faibles revenus. Elle recouvre aussi la vulnérabilité économique accrue que représente le poids financier des protections dans le budget des ménages les plus fragiles.


Les chiffres qui font mal


Une progression alarmante depuis 2019


En 2019, la précarité menstruelle concernait déjà 1,7 million de personnes en France. Le chiffre a été porté à 2 millions en 2021. En 2023, on estime que près de 4 millions de personnes manquent de protections périodiques  soit une quasi-doublement en deux ans.


86 % des personnes se disant concernées par la précarité menstruelle pensent que leur situation ne va pas s'améliorer, en raison principalement de l'inflation. Et 14 % des personnes qui n'y sont pas encore confrontées estiment qu'elles pourraient y basculer dans l'année à venir.


Les jeunes, premières victimes


Près d'une jeune Française sur 2  soit 44 % des 18-24 ans menstruées, connaît des difficultés à se fournir en protections. Parmi elles, 330 000 jeunes femmes n'ont régulièrement pas accès aux protections périodiques dont elles ont besoin.


Chez les jeunes femmes de moins de 25 ans, elles sont quasiment le double (28 %) à être concernées par rapport à la moyenne nationale.


Le coût : un obstacle structurel


Selon l'enquête OpinionWay pour l'association Règles Élémentaires, une femme doit débourser en moyenne 2 000 € dans sa vie pour acheter des protections périodiques une charge inaccessible pour les plus précaires.


En deux ans, +1,8 million de femmes ont rejoint la réalité de la précarité menstruelle, et plus de 2,6 millions ont dû renoncer au moins une fois dans l'année à acheter des protections pour des raisons financières.



Des conséquences bien au-delà de l'hygiène


Des risques sanitaires graves


Les femmes en situation de précarité sont parfois contraintes de garder le même tampon durant plusieurs jours, augmentant significativement le risque d'infections et de syndrome du choc toxique. Elles peuvent aussi avoir recours à des produits inadaptés comme des mouchoirs ou du papier toilette, s'exposant à des irritations et des déséquilibres de la flore vaginale.

Le risque de syndrome du choc toxique est multiplié par deux lorsque le port de tampons ou de coupes menstruelles dépasse six heures et par trois lors du port nocturne. L'allongement de l'usage est pourtant le premier réflexe des personnes en précarité menstruelle.


Un impact psychologique et social profond


72 % des femmes interrogées expliquent que la précarité menstruelle a des conséquences sur leur bien-être, engendrant stress et sentiment de malaise.


Sur le plan psychologique, ces personnes se retrouvent souvent en situation d'exclusion : elles se sentent sales et honteuses. Le décrochage scolaire peut aussi en être une conséquence directe : une jeune fille qui souffre de précarité menstruelle peut subir des fuites et des moqueries au collège.


Les chiffres de l'association Règles Élémentaires sont éloquents : 30 % des femmes ont déjà manqué le travail à cause de leurs règles, et 53 % des jeunes filles ont déjà manqué l'école pour la même raison.



Ce que font les pouvoirs publics


Les mesures de remboursement


Le remboursement des protections menstruelles réutilisables (culottes et coupes menstruelles) pour les femmes de moins de 26 ans et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S) sans limite d'âge a été intégré dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2024. Les assurées de moins de 26 ans bénéficient d'une prise en charge à 60 % par l'Assurance maladie, et les bénéficiaires de la C2S à 100 %.


Les distributions sur le terrain


Dans le cadre du Pacte des Solidarités, 15 millions de protections périodiques ont été distribuées à 200 000 femmes en situation précaire notamment des femmes à la rue et des femmes détenues grâce à la mobilisation de 4,9 millions d'euros en 2023. Le financement de ces actions a été porté à 5,7 millions d'euros en 2024.


Les universités mobilisées


Le gouvernement a mis en œuvre la distribution gratuite de protections menstruelles au sein des universités françaises. Des distributeurs ont été installés dans l'ensemble des résidences universitaires, des restaurants universitaires et des services de santé universitaires (SSU), pour un budget de 8 millions d'euros.


Ce que font les associations et acteurs de terrain


Plusieurs associations jouent un rôle central dans la lutte quotidienne contre ce fléau :

Règles Élémentaires, fondée en 2015, est la première association française dédiée à la lutte contre la précarité menstruelle. Elle organise des collectes nationales de protections, des formations, et des interventions dans les établissements scolaires pour casser le tabou.

Dons Solidaires collecte des protections auprès d'entreprises partenaires pour les redistribuer à des associations d'aide. En 2024, 5,75 millions de protections individuelles ont été distribuées grâce à ses partenaires, couvrant plus d'un million de mois de règles pour les femmes en situation de précarité.

Les Banques Alimentaires s'associent chaque année à Règles Élémentaires pour des collectes dans les grandes surfaces (notamment chez Leclerc), mobilisant le grand public sur ce sujet trop souvent ignoré.


Les gestes du quotidien


La lutte contre la précarité menstruelle ne repose pas uniquement sur les politiques publiques. Voici des gestes concrets :

  • Participer aux collectes organisées par les associations locales ou nationales (Règles Élémentaires, Banques Alimentaires).

  • Faire des dons de protections périodiques aux épiceries solidaires, aux CCAS, aux associations de quartier.

  • Choisir des protections réutilisables de qualité (culottes menstruelles, coupes, serviettes lavables) pour soi, et soutenir leur accès pour toutes via des dons.

  • Sensibiliser son entourage pour lever le tabou, car l'invisibilité du problème est elle-même une partie du problème.


Entreprises, collectivités, établissements scolaires : vous avez un rôle à jouer


Installer un distributeur de protections distrib Nature dans vos sanitaires, c'est une réponse simple, discrète et immédiate : une collaboratrice, une élève, une usagère surprise par ses règles n'a plus à se débrouiller seule.


C'est aussi un signal fort. Celui d'une structure qui reconnaît les règles comme une réalité du quotidien et qui choisit d'y répondre avec des produits de qualité, sans substances chimiques ni perturbateurs endocriniens.


30 % des femmes ont déjà manqué le travail à cause de leurs règles, et 53 % des jeunes filles ont déjà manqué l'école pour la même raison. Vous avez le pouvoir de changer ça, concrètement, dès aujourd'hui.




Sources : Ministère de l'Égalité Femmes-Hommes (mai 2024) · Enquête OpinionWay x Règles Élémentaires (mars 2023) · Baromètre Hygiène & Précarité IFOP x Dons Solidaires (janvier 2025) · Banques Alimentaires (2025) · PLFSS 2024  Assemblée Nationale · Règles Élémentaires  chiffres clés · Statista France (2023)

 
 
 

Commentaires


LE PANEL DE NOS PROTECTIONS & ÉQUIPEMENTS

bottom of page