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Coupe et culotte menstruelles remboursées dès le 1er octobre 2026 : une avancée réelle, mais encore insuffisante

il y a 24 minutes
5 min de lecture

Zoom sur la composition d'une culotte menstruelle



À partir du 1er octobre 2026, les culottes menstruelles et les coupes menstruelles réutilisables entrent dans le panier de soins remboursés par l'Assurance Maladie. C'est une première en France : jusqu'ici, aucune protection périodique, jetable ou réutilisable, n'était prise en charge. C'est aussi l'aboutissement d'un texte voté fin 2023.


C'est une bonne nouvelle. Mais entre les conditions d'éligibilité, les plafonds et les démarches, la réforme laisse de côté une grande partie des besoins réels. On fait le point, et on vous explique pourquoi les entreprises et les établissements scolaires ont, eux aussi, un rôle à jouer dès maintenant.



Qui est concerné ?


Le dispositif cible deux publics, sans ordonnance nécessaire :

  • les femmes de moins de 26 ans, sans aucune condition de ressources ;

  • les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S), quel que soit leur âge.

Au total, environ 6,7 millions de femmes peuvent prétendre à ce remboursement : près de 5,5 millions de jeunes femmes de moins de 26 ans et 1,2 million de bénéficiaires de la C2S.



Quels produits, et pour quel montant ?


Seules deux catégories de protections réutilisables sont concernées : la culotte menstruelle et la coupe menstruelle. Les serviettes lavables, les éponges menstruelles et les protections jetables (serviettes, tampons) restent exclues du dispositif.

Un arrêté publié au Journal officiel le 7 août 2026 fixe des prix plafonds :

  • culotte menstruelle : 19 € TTC maximum ;

  • coupe menstruelle : 15,80 € TTC maximum.


Le niveau de prise en charge dépend du profil :

  • moins de 26 ans : environ 55 à 65 % du tarif de référence, le reste pouvant être couvert par une mutuelle si le contrat le prévoit ;

  • bénéficiaires de la C2S : 100 %, sans avance de frais grâce au tiers payant.


Attention à la limite : deux produits remboursés par an et par personne, calculés sur douze mois glissants à compter du premier achat remboursé.



Comment en bénéficier ?


  1. Se rendre en pharmacie. La distribution est réservée aux officines : aucun remboursement pour un achat en grande surface ou en ligne.

  2. Choisir un produit référencé. Seuls les modèles répondant à un cahier des charges strict et inscrits sur la liste officielle sont éligibles : certification Oeko-Tex Standard 100, capacité d'absorption minimale, silicone ou TPE de grade médical pour les coupes, au moins huit tailles et une résistance à 52 cycles de lavage pour les culottes.

  3. Présenter sa carte Vitale à jour au moment du passage en caisse.

  4. Selon son profil : les bénéficiaires de la C2S sont en tiers payant intégral. Les moins de 26 ans hors C2S peuvent devoir avancer les frais selon l'organisation de la pharmacie, avec un remboursement visible ensuite sur le compte Ameli.


Bon à savoir : au lancement, toutes les pharmacies n'auront pas forcément toutes les références en stock. Le plus simple est d'appeler son officine habituelle avant de se déplacer.


Le cadre légal


Ce remboursement s'appuie sur trois textes :

  • la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 (loi n° 2023-1250 du 26 décembre 2023), qui a posé le principe de la mesure ;

  • le décret n° 2026-288 du 17 avril 2026, qui en a fixé le cadre juridique ;

  • l'arrêté du 6 août 2026, publié au Journal officiel le 7 août, qui détaille les modalités concrètes (prix, critères techniques, produits éligibles).


Une avancée réelle, mais très limitée dans les faits


Chez Distrib Nature, on ne peut que saluer cette mesure. C'est la première fois que des protections périodiques sont prises en charge par l'Assurance Maladie, et le choix du réutilisable va dans le bon sens, pour la santé comme pour l'environnement. Mais plusieurs limites sautent aux yeux dès qu'on regarde le dispositif de près.


Deux produits par an, pour combien de jours de règles ? Avec un cycle moyen de 28 jours et environ 5 jours de règles par cycle, une femme vit près de 65 jours de règles par an, soit environ deux mois, pendant plusieurs décennies. Deux protections réutilisables, aussi durables soient-elles, ne couvrent qu'une infime partie de ce besoin. Le reste de l'année, il faut se débrouiller seule.


Une limite d'âge qui exclut une grande partie des femmes. Passé 26 ans, sans C2S, aucune prise en charge. Or la précarité menstruelle ne s'arrête pas à un anniversaire : elle touche aussi des étudiantes, des salariées, des femmes au chômage ou des retraitées aux revenus modestes qui ne remplissent pas les critères de la C2S.


Les protections jetables, encore les plus utilisées, restent hors champ. Beaucoup de femmes continuent d'utiliser serviettes et tampons, par habitude, par confort, ou parce que le réutilisable ne convient pas à toutes les situations (au travail, en déplacement, en collectivité).


Un parcours qui reste administratif. Carte Vitale, avance de frais possible, disponibilité inégale des références en pharmacie : le dispositif suppose une démarche active, l'accès à une pharmacie et parfois de la trésorerie. Pour une personne en situation de précarité, chacune de ces étapes peut devenir un obstacle.


Ce remboursement est donc un premier pas, pas une solution complète.


Le rôle des entreprises et des établissements scolaires


C'est là que se situe la marge de manœuvre des employeurs, des collectivités et des établissements recevant du public : combler ce que la réforme ne couvre pas, sans attendre une évolution de la loi.


Installer un distributeur de protections périodiques gratuites dans ses sanitaires (entreprise, école, collège, lycée, salle de sport, lieu culturel) répond à ce que le remboursement en pharmacie ne couvre pas :

  • aucune condition d'âge ou de ressources : le distributeur est accessible à toute personne qui en a besoin, sans justificatif ;

  • une réponse immédiate : personne ne prévoit d'avoir ses règles un jour donné. Savoir qu'une protection est disponible sur place évite de quitter son poste ou son cours en urgence, ou de dépendre de la bonne volonté d'une collègue ;

  • une continuité toute l'année, sans plafond de deux produits, y compris pour les personnes pour qui l'achat régulier de protections reste un frein financier ;

  • un signal fort envoyé aux salariées, aux élèves et aux usagères : celui d'une structure qui reconnaît les règles comme une réalité du quotidien.


Pour une entreprise, c'est aussi un levier RSE concret : aucune loi n'impose ces équipements aujourd'hui, ce qui en fait une démarche volontaire, visible et facile à valoriser en interne comme en externe. Pour un établissement scolaire, c'est une réponse directe à l'absentéisme lié aux règles, qui touche une part significative des élèves chaque année.


En résumé


Le remboursement des culottes et coupes menstruelles au 1er octobre 2026 est une étape importante, mais il ne couvre ni tous les publics, ni tous les produits, ni toute l'année. En complément, les entreprises et les établissements scolaires peuvent agir dès aujourd'hui en mettant à disposition des protections périodiques gratuites dans leurs sanitaires. C'est simple à mettre en place, immédiatement opérationnel, et sans condition d'âge ou de statut.

Distrib Nature accompagne les entreprises, écoles et établissements recevant du public dans l'installation de distributeurs de protections périodiques gratuites, sans substances nocives ni perturbateurs endocriniens.



Sources : Journal officiel (arrêté du 6 août 2026), service-public.gouv.fr, Vidal.fr, Le Moniteur des Pharmacies, Pharmactu, Selectra, Mes Allocs.


 
 
 

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